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Chroniques - Personnages - Cap-Rouge au temps de Roberval

Cap-Rouge au temps de Roberval

Roberval

par Emmanuel Rioux

Dans le dernier numéro de notre revue, je traitais de « Cap-Rouge au temps de Jacques Cartier ». Il me semble indiqué de compléter cet article par la présentation d'un autre personnage étroitement relié aux tout premiers débuts de notre histoire carougeoise : Jean-François de la Roque, seigneur de Roberval, simplement appelé Roberval.

1. Qui était Roberval?

Né vers 1500, Roberval est le fils d'Isabeau de Poitiers et de Bernard de La Roque, dit Couillard, seigneur de Chatelrein. Les La Roque appartenaient à une très ancienne famille noble du sud de la France. Roberval vivait à la cour auprès du prince François d'Angoulême, futur roi de France ( François 1er : 1515-1547 ), dont il était un des amis d'enfance. Il est apparenté par sa mère à Diane de Poitiers, maîtresse du roi. La carrière des armes le conduit en Italie, il devient officier du duc de Bouillon, Robert de la Mark.Gentilhomme apparemment frivole b., aventureux, libertin, il restera toujours célibataire. Converti à la religion réformée, compromis avec le poète Clément Marot dans « l'affaire des Placards » en 1535, il doit fuir Parisd. Mais, cet épisode ne semble pas avoir compromis l'amitié du roi pour lui, puisque le 15 janvier 1541, il est nommé « lieutenant général, chef, ducteur et capitaine au pays de Canada ».

Dans cette « commission royale », tenant en six pages très serrées, à Roberval sont conférés les pleins pouvoirs sur les hommes et les navires, sa mission étant de passer et repasser, aller et venir dans ces pays étrangers ( du Canada ), de descendre à terre et mettre les indigènes en notre main, tant par voies d'amitié ou aimables compositions, si faire se peut, que par force d'armes, main forte et toute autre voie d'hostilité «e. Il prendra avec lui à bon nombre de gentilzhommes ( ... ) gens de guerre, de chaque sexe et artz libéraulx et mecaniques ( ... ) pour converser avec lesdits peuples estranges, si faire se peult et habiter lesdites terres et pays, y construyre et ediffier villes et fortz, temples et eglises pour la communicacion de notre saincte foy catholique et doctrine crestienne »f. Par ailleurs, Roberval espère, en acceptant cette mission royale, « rétablir une fortune délabrée par le train de vie fastueux de la Cour »g.

L'on se souviendra qu'au moment du départ de Cartier en mai 1541 avec ses cinq navires, Roberval n'était pas encore parvenu à réunir les vaisseaux, les armements ni les hommes indispensables : il avait le droit de lever des détenus des deux sexes dans les prisons du royaume. Il avait surtout besoin d'argent pour remplir ses coffres et compléter l'équipement de ses navires. À l'automne, il se livre à la piraterie, accompagné de Pierre de Bidoulx, considéré comme le plus cruel des pirates, s'emparant ainsi de plusieurs navires anglais, portugais et même français h. Le roi fut sans doute quelque peu offusqué de sa conduite, qui a particulièrement indigné l'Angleterre.

Enfin, le 16 avril 1542, soit onze mois après le départ de Cartier, Roberval quitte le port de La Rochelle, avec ses trois navires ( la Marie, dite la Lèchefraye, la Valentine et l'Anne )i équipés « en grande partie aux frais du roi », accompagné de 200 personnes, hommes et femmes, et des « gentilshommes de qualité ».

Quant à la vaine tentative de peuplement de Roberval au même lieu que Cartier, elle se révèle dans le texte, resté incomplet, de la relation de cette expédition de Roberval. On trouvera ce texte ici dans une version très lisible. J'y ai ajouté quelques notes pour en faciliter la lecture. La traduction en français moderne, de la version recueillie par Richard Hakluyt, est de François Laroque ( voir Jacques Cartier, Relations, Édition critique de Michel Bideaux, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1986, 500 p., p. 203-210 ).

2. Relation du voyage de Roberval en Canada ( 1542-1543 )

Chapitre 1 : L'expédition de Jean-François de la Roque, chevalier, seigneur de Roberval, dans le pays de Canada, Saguenay1 et Hochelaga avec trois grands navires et deux cents personnes, hommes, femmes et enfants, commencée en avril 1542, pays dans lesquels il séjourna ce même été et tout l'hiver suivant.

Monsieur Jean-François de la Roque, seigneur de Roberval, nommé par le roi lieutenant général des provinces de Canada, Saguenay et Hochelaga, arma trois grands navires en grande partie aux frais du roi. Sa flotte comprenait deux cents personnes, hommes et femmes, accompagnées par divers gentilshommes de qualité, tels que Monsieur Saineterre, son lieutenant, L'Espinay, son enseigne, le capitaine Guinecourt, Monsieur Noirefontaine, Dieu Lamont, Frotte, La Brosse, Francis de Mire, La Salle et Roieze ainsi que Jean Alphonse de Xaintoigne, excellent pilote, et elle prit la mer de La Rochelle, le 16 avril 1542. Aux environs de midi le même jour, nous arrivâmes devant le travers de Chefe-de-Boys, où nous fîmes obligés de passer la nuit qui suivit. Le lundi 17 du même mois, nous quittâmes Chefe-de Boys. Le vent nous fut notablement favorable pendant quelque temps, mais en l'espace de quelques jours il nous devint tout à fait contraire, ce qui retarda notre voyage pendant assez longtemps. Car nous fîmes soudain dans l'obligation de faire demi-tour et de trouver refuge à Belle-Isle, sur la côte de la Bretagne, où nous restâmes si longtemps et trouvâmes ensuite en chemin un temps si défavorable que nous n'arrivâmes pas à Terre-Neuve avant le 7 juin. Le 8 de ce mois, nous entrâmes dans la rade de Saint-Jean, où nous trouvâmes dix-sept bateaux de pêcheurs. Pendant que nous faisions là une halte quelque peu prolongée, Jacques Cartier et son équipage, de retour du Canada, où il avait été envoyé avec cinq navires l'année précédente, arriva dans ce même port. Après avoir rendu ses devoirs à notre général, il lui dit qu'il rapportait quelques diamants ainsi que des pépites d'or qu'il avait trouvés dans ce pays. On testa la qualité de cet or dans un fourneau le dimanche suivant et il se révéla être de bon aloi.

De plus, il informa le général qu'il ne pouvait plus, avec sa petite troupe, tenir en respect les sauvages qui le harcelaient tous les jours et que c'était là la cause de son retour en France. Il fit toutefois avec son équipage l'éloge de ce pays qu'il avait trouvé très riche et fertile. Mais lorsque notre général, disposant de forces suffisantes, lui donna l'ordre de revenir avec lui, il nous faussa compagnie en pleine nuit avec son équipage, comme si, poussé par l'ambition, il voulait garder pour lui toute la gloire de la découverte de ces régions et, sans prendre congé, ils prirent le chemin du retour vers la Bretagne.

Nous passâmes le plus clair de juin dans ce port de Saint-Jean, d'abord pour nous ravitailler en eau douce, laquelle nous avait fait le plus grand défaut au cours du trajet, puis en apaisant une querelle qui s'était allumée entre certains de nos compatriotes et des Portugais. Au bout du compte, à la fin de ce même mois, nous quittâmes les lieux et nous entrâmes dans la Grande baie, longeant l'Île de l'Ascension2 avant d'arriver quatre lieues à l'ouest de l'Île d'Orléans. Là, nous trouvâmes un port commode3 pour nos navires, où nous jetâmes l'ancre, débarquâmes avec nos gens, trouvâmes un endroit pour nous fortifier qui nous permît de tenir le fleuve et de nous prémunir contre toute invasion de la part de nos ennemis. Ainsi, vers la fin de juillet, nous débarquâmes nos vivres, munitions et autres provisions et nous nous employâmes à bâtir nos fortifications.

Chapitre 2 : Du fort de France-Roy et de ce qui y fut fait

Ayant décrit le début, le milieu et la fin de l'expédition faite par Monsieur de Roberval dans les pays de Canada, Hochelaga, Saguenay et autres régions de ces contrées occidentales : il alla si avant ( comme il est dit dans d'autres livres ) qu'il arriva dans ledit pays, accompagné par deux cents personnes, des soldats, des marins, des gens du commun, équipé de toutes les fournitures nécessaires à une flotte. Ledit général, dès son arrivée, fit construire4 un beau fort, à proximité et un peu à l'ouest du Canada, fort qui est très beau à voir et qui donne une impression de grande solidité, étant juché sur une hauteur et comprenant deux corps de logis, une grosse tour et un bâtiment de quarante à cinquante pieds de long : celui-ci comprenait diverses chambres, une entrée, une cuisine, des offices, des celliers hauts et bas avec,à proximité, un four5 et des moulins, ainsi qu'un poêle où les hommes pouvaient se chauffer et un puits devant l'habitation. Ce bâtiment dominait le fleuve de Canada appelé France-Prime par Monsieur de Roberval. Au pied de cette hauteur se trouvait une autre habitation, dont une partie était une tour de deux étages, avec deux bons corps de logis, où nous entreposâmes d'abord nos vivres puis tout ce que nous avions apporté avec nous. Près de cette tour coulait une autre rivière6. C'est dans ces deux bâtiments, en haut et en bas, qu'étaient logés les gens du commun.

Pendant le mois d'août et au début de septembre, chaque homme fut occupé à une tâche de sa compétence. Mais le 14 septembre, notre général susdit envoya en France deux navires qui avaient apporté ses effets, et il nomma Monsieur de Saineterre amiral sur l'un tandis que, sur l'autre, Monsieur Guinecourt fut fait capitaine, en les chargeant d'apporter des nouvelles au roi et de revenir7 l'année suivante avec des vivres et toutes autres choses qui plairaient à Sa Majesté. Il leur demanda aussi de rapporter de France des informations pour savoir comment le roi avait accepté certains diamants trouvés dans ce pays et qu'on lui avait fait parvenir.

Après le départ de ces deux navires, on tint conseil pour savoir ce qu'il fallait faire et comment passer l'hiver dans cet endroit. On commença par faire l'inventaire des vivres et on s'aperçut qu'ils étaient insuffisants. On fut rationné de sorte que chaque mess n'eut droit qu'à deux pains d'une livre chacun et à une demi-livre de boeuf. On mangea du lard pour le déjeuner avec une demi-livre de beurre, et du boeuf pour souper avec environ deux poignées de fèves sans beurre. Les mercredis, vendredis et samedis, on mangeait de la morue séchée et quelquefois de la fraîche avec du beurre pour déjeuner et, le soir, pour souper, on mangeait du marsouin avec des fèves. C'est à peu près à cette époque que les sauvages nous apportèrent une grande quantité d'aloses, un poisson rougeâtre comme le saumon, en échange de couteaux et autres bagatelles.

Au bout de quelque temps, nombreux furent ceux qui, parmi nos gens, se mirent à souffrir de maux de jambes, de reins et d'estomac, à telle enseigne qu'ils paraissaient privés de leurs membres8, et il mourut environ cinquante personnes de la sorte.

Il est à remarquer que la glace commença à fondre en avril.

Monsieur de Roberval était très juste et punissait chaque homme selon sa faute. Un dénommé Michel Gaillon fut pendu pour vol. Jean de Nantes fut mis aux fers et gardé en prison pour sa faute, tandis que d'autres furent également fouettés, hommes comme femmes8a. De la sorte, ils vécurent en paix.

Chapitre 3 : Les moeurs des sauvages

Pour vous décrire la condition des sauvages, je dirai que ce sont des gens de bonne taille et bien faits, qu'ils sont très blancs et qu'ils vont tout nus : s'ils étaient habillés comme les Français, ils seraient aussi blancs et clairs, mais ils se peignent pour se protéger de la chaleur et des coups de soleil.

En guise de vêtement, ils portent sur eux des peaux qui ressemblent à des manteaux; ils portent des petits pagnes qui leur servent à couvrir leurs parties naturelles, les hommes comme les femmes. Ils ont des bas et des chaussures de cuir d'une facture excellente. Ils n'ont pas de chemise et ne portent pas non plus de chapeau, mais leurs cheveux sont relevés en haut de la tête et nattés ou tressés. Pour ce qui est de l'alimentation, ils mangent de la bonne viande, sans sel toutefois, mais ils la font sécher avant de la griller9 et ce, pour le poisson comme pour la viande. Ils n'ont aucune résidence fixe10 mais vont de place en place, aux endroits où ils pensent pouvoir se procurer le plus facilement à manger, c'est-à-dire ici des aloses, là d'autres poissons comme le saumon, l'esturgeon, le mulet, le surmulet, le bar, la carpe, l'anguille, le pimperneau, ainsi que d'autres poissons d'eau douce et de nombreux marsouins11. Ils mangent aussi du cerf, du sanglier, du boeuf sauvage, des porcs-épics ainsi que d'autres sauvagines. Il y a autant de gibier d'eau qu'ils en veulent.

En ce qui concerne leur pain, il est délicieux et fait de gros mil12 : ils vivent très bien car ils ne se soucient de rien d'autre. Ils boivent de l'huile de phoque, mais seulement au cours de leurs grandes fêtes.

Ils ont un roi dans chaque province auquel ils obéissent de façon étonnamment soumise13. Ils l'honorent selon leur coutume. Lorsqu'ils voyagent d'un endroit à l'autre, ils emportent avec eux tous leurs biens dans leurs canots. Les femmes nourrissent leurs enfants au sein et restent continuellement assises le ventre enveloppé dans leurs fourrures14.

Chapitre 4 : L'expédition de Monsieur de Roberval de son fort de Canada jusqu'à Saguenay, le 5 juin 1543

Monsieur de Roberval, lieutenant général du roi dans les pays de Canada, Saguenay et Hochelaga, partit en direction de ladite province de Saguenay le mardi 5 juin 1543 après souper. Il s'embarqua avec armes et bagages. Mais à cause de certaines circonstances, ils restèrent dans la rade en face de l'endroit susdit. Mais le mercredi, vers six heures du matin, ils prirent la mer et naviguèrent à contre-courant. Dans ce voyage toutes leurs provisions se trouvaient dans huit barques, des petites et des grandes, et il y avait soixante-dix personnes avec ledit général.

Le général laissa derrière lui dans ladite place forte trente personnes qui devaient rester là jusqu'à son retour de Saguenay, qu'il fixa au premier juillet, faute de quoi ils devaient rentrer en France. Et il ne laissa derrière lui que deux barques pour transporter les trente personnes et les provisions qui étaient là pendant qu'il était encore dans cette contrée.

Et pour veiller à tout cela, il laissa Monsieur de Royeze comme lieutenant, lui donnant sa commission et enjoignant aux hommes de lui obéir et d'être aux ordres dudit lieutenant. Les vivres laissés pour leur subsistance jusqu'au premier juillet furent reçus par ledit lieutenant Royeze.

Le jeudi 14 juin, Monsieur de l'Espinay, La Brosse, Monsieur Frete, Monsieur Longueval et d'autres revinrent de l'expédition de Saguenay de là où se trouvait le général. Il est à remarquer que huit hommes furent noyés et une barque perdue. Parmi ces derniers se trouvait Monsieur de Noirefontaine, ainsi qu'un nommé Le Vasseur de Constance.

Le mardi 19 dudit mois de juin, on vit revenir sur ordre du général Monsieur de Villeneufve, Talebot et trois autres qui apportaient cent vingt livres de blé et des lettres pour qu'ils attendent jusqu'à la Sainte-Madeleine, qui tombe le 22 juillet.

( La suite du récit de cette expédition manque. )

3. Conclusion

Au moment de conclure cet article sur Roberval, personnage complexe et controversé s'il en fut, que retenir sinon que cette tentative de peuplement, succédant à celle de Cartier, fut pour une bonne part un échec. Par ailleurs, Roberval aura fait l'expérience de l'hivernement en sol canadien. Il aura appris à prendre contact avec les Indiens, il aura découvert et identifié les lieux. Son premier pilote, Jean Alphonse de Saintonge, auteur d'une relation intitulée Le routier, identifie les essences d'arbres rencontrés: chênes, bouleaux, frênes, érables, pins, pérusses ( pruches? ), cèdres, grands ormes, noisilles ( ? ), coudriers, poires sauvages, vignes sauvages, prunes rouges. Il y a également du bon froment, des pois sauvages, ainsi que des groseilles et des fraises. Quant à la faune ailée, elle est très variée : outardes, oies sauvages, grues, tourtes, geais, corbeaux et plusieurs autres sortes d'oiseaux. »j

À quoi pouvons-nous attribuer l'échec de la émission colonisatrice et évangélisatrice confiée à Roberval par François 1er? J'ai retenu ici deux opinions. La première est celle de l'écrivain Robert La Roque de Roquebrune : « D'abord le caractère de l'homme et le personnage qu'était Roberval. Nullement marin, mais soldat de carrière, il était surtout courtisan comme le prouvent sa présence dans les troupes du maréchal de La Marck, et son portrait parmi les effigies des membres de la cour de France. Qu'allait-il chercher en Amérique? Probablement le moyen de faire fortune, comme les conquistadores. Mais son humeur difficile, sa rudesse lui avaient aliéné ses compagnons d'aventures. Et cette troupe était fort mal composée : des gentilshommes, des courtisans comme lui et même des femmes du monde, et surtout un troupeau de criminels tirés des prisons. Il était chargé de fonder une colonie catholique et il était protestant ( ... ). Enfin, son voyage avait été très mal préparé. La mauvaise administration de ses biens montre d'ailleurs qu'il n'avait aucune des qualités nécessaires à un grand colonialk. » La seconde opinion est celle de l'historien Marcel Trudel, spécialiste du régime français : « Cartier était nécessaire à cette oeuvre ( colonisatrice ) : il connaissait bien le pays, l'hiver et son scorbut, il était initié à la psychologie des indigènes; en fuyant, Cartier rendait vain l'effort de Roberval. L'échec est d'envergure. Les relations avec les indigènes, dont le succès était la condition même de tout établissement européen, sont tout à fait détériorées ( ... ) . La colonisation elle-même obtient mauvaise presse : à cause du gaspillage considérable des capitaux, les rois et les particuliers seront longtemps dégoûtés et il faudra de longs efforts au XVIIe siècle pour redonner quelque attrait à la colonisation laurentiennel. »

Notes sur Roberval

a) Le Saint-Brieuc, numéro 18, printemps 2005, « Cap-Rouge au temps de Jacques Cartier », p. 4-9.

b) BIDEAUX, Michel. « Jacques Cartier », Relations, Montréal, P.U.M., 1986, p. 27.

c) JACQUES, Yves. Jacques Cartier. De Saint-Malo au Saint-Laurent, Poitiers, Éd. maritimes et d'outre-mer, 1984, p. 167.

d) BIDEAUX, Michel. op. cit., p. 26.

e) LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec, tome 1 ( des origines à 1791 ), p. 26.

f) BIDEAUX, Michel. op. cit., p. 26.

g) Ibid., p. 30.

h) BRAUDEL, Fernand, et autres, Le monde de Jacques Cartier. L'aventure au XVIe siècle. Montréal/Paris, Libre expression/Berger-Levrault, 1984, p. 281.

i) JACQUES, Yves. op. cit., p. 192.

j) CARTIER, Jacques. Voyages de découverte au Canada entre les années 1534 et 1542, Paris, Éd. Anthropos, 1968, p. 80-81.

k) Dictionnaire biographique du Canada, tome I ( 1000-1700 ), Québec, Presses de l'Université Laval, 1968, p. 435.

l) LACOURSIÈRE, Jacques. op. cit., p. 30. Citation extraite de M. Trudel, Histoire de la Nouvelle-France. Les vaines tentatives ( 1524-1603 ).

Notes sur la relation du voyage de Roberval

1. Il s'agit, dans les récits de Roberval et de Cartier, non de l'actuelle rivière du Saguenay, mais de ce mystérieux royaume à l'ouest de Montréal, dont les Amérindiens ont parlé à Cartier lors de son 2e voyage. Voir Michel Bideaux, op. cit., p. 427, n. 65.

2. Ce toponyme, désignant Anticosti, avait été appelé Assomption par Cartier lors de son 2e voyage. Il y était le 15 août 1535, précisément le jour de l'Assomption.

3. « Très probablement l'embouchure de la rivière du cap Rouge, où Cartier avait, l'année précédente, construit le dispositif fortifié sur deux niveaux de Charlesbourg-Royal » ( Bideaux, p. 424, n. 30. )

4. « La description du site retenu par Roberval ne permet pas de penser à un autre que celui où s'était installé Cartier. » ( Ibid., p. 424, n. 34. )

5. Voir l'article sur Cartier, paru dans le no 18 du Saint-Brieuc, p. 8.

6. Il s'agit évidemment de la rivière du Cap Rouge.

7. Selon Biggar ( Documents, CCXVIII, p. 471 ), Saineterre fut renvoyé à Roberval le 26 janvier 1543, avec des provisions.

8. Voilà les signes du scorbut, que surmonta Cartier lors de son 2e voyage. Roberval ne fut pas à même de préparer le « souverain remède » ( l'annedda ), faute de contacts suffisants avec la population indigène, selon l'observation pertinente de Bideaux ( op. cit., p. 425, n. 46 ).

8a. On a parlé de la dureté de Roberval. On ne peut oublier que ses hommes et ses femmes étaient en bonne partie des repris de justice. André Thevet, o.f.m. ( 1502-1590 ), écrit de lui qu'il « était fort cruel à l'endroit des siens, les contraignant de travailler en leur vacation; autrement étaient privés du boire et du manger. Il voulait que chacun vécût en paix suivant les ordonnances par lui faites, lesquelles il faisait garder soigneusement. Car si quelqu'un défaillait, promptement il le faisait punir. En un jour, il en fit pendre six, encore qu'ils fussent de ses favoris, entre autres un nommé Michel Gallon, Jehan de Nantes et autres; et quelques-uns qu'il fit exiler en une île, ayant fer aux jambes, pour avoir été trouvés en larcin qui n'excédait pas cinq sous tournois. D'autres furent fustigés pour le même fait, tant hommes que femmes, et pour s'être battus et injuriés ». ( Yves Jacques, op. cit., p. 193-194. )

9. En 1534, Cartier affirmait que les Iroquoiens mangeaient « leur chair quasi crue apres estre un peu eschauffee sur les charbons » ( Bideaux, op. cit., p. 426, n. 50 ).

10. Bideaux note ceci : « Généralisation erronée : les habitants d'Hochelaga étaient agriculteurs et sédentaires, ceux de Stadaconé n'étaient pas davantage nomades, même s'ils se déplaçaient selon les saisons de pêche et de chasse » ( op. cit. p. 426, n. 51 ).

11. Il s'agit ici du marsouin commun, au Canada populairement nommé pourcil, alors que le nom de marsouin est surtout réservé au beluga, ou marsouin blanc ( Bideaux, op. cit., p. 426, n. 58 ).

12. Il faudrait lire maïs, céréale courante chez les Amérindiens, au lieu de mil.

13. Bideaux fait observer ici : « L'indiscipline des Indiens est au contraire fréquemment relevée par les Européens. » ( op. cit. p. 427, n. 63. )

14. « La nature fragmentaire de cette relation dissuade de porter un jugement trop définitif sur la valeur des observations ethnologiques de Roberval. Assez exactes quand elles se rapportent au costume et aux pratiques alimentaires, elles semblent plus fragiles lorsqu'elles portent sur des comportements sociaux ». Bideaux ajoute : le lieutenant général, était « un homme de guerre... plus préoccupé de sécurité que de découvertes anthropologiques » ( op. cit. p. 427, n. 64 ).

Image : Portrait de Roberval par un contemporain, Braudel, p. 275