Souvenons-nous du Tracel

Tracel 
Photo : Olivier Robitaille pour Accapella Studio Pictures

100 ans d’histoires, la Grande et toutes les petites qui ont marqué le vécu des populations avoisinantes, voire même l’imaginaire. Qui n’a pas une bonne histoire à raconter en relation avec le Tracel? Un passage en train, un feu de camp aux abords, une prouesse de jeunesse à pieds là-haut dans le bon vieux temps… Un père, un oncle qui a travaillé sur sa construction… Souvenons-nous!

  Petites histoires tirées des livres Anecdotes carougeoises et Mon enfance carougeoise de monsieur Michel Lessard

- Au sujet du père de Gaston, Henri Bertrand, 14 ans et porteur-d'eau, on en parle dans le St-Brieuc année 2000 dans l'article de Jean Déry.

- Dans Anecdotes carougeoises, Michel Lessard dit pp. 150-151 : « sur les 500 ouvriers de 1908 et 1909, il n'este plus que 150. Zélia Brousseau, l'épouse du contremaître Jos, a pratiquement fermé sa maison de chambres. Il ne reste que Théophile Gagnon, qui fait partie de la famille. Le départ des ouvriers laisse un grand vide dans ce petit village qui s'était peu à peu habitué à cette turbulence des événements, tantôt gais, tantôt tragiques. Et tous ces étrangers en étaient venus à faire partie de cette belle famille de Carougeois et de Carougeoises. À chaque fois qu'un ouvrier quitte, c'est une partie de la vie même de Cap-Rouge qui quitte. Mais, comme le disait si bien le bon curé Pampalon, ces personnes qui nous quittent laisseront à jamais leur signature dans l'oeuvre de génie à laquelle ils auront contribué, le « tracel » .»

- Le curé demande à la firme Davis & Son, d'ériger un monument sur lequel seront gravés les noms des ouvriers. Cette demande ne fut pas acceptée par la firme, du moins pas pour l'instant. ... On verra à ce moment si un tel monument pourra être érigé.» p. 151.

à suivre...

 
  Tracel  
  Photo : Linda Even
 
  Iron Worker Union

I have not been able to find a lot of information about this bridge. I did find one possible clue. Bridgemen Magazine was a magazine produced by the iron workers union. A letter written to this magazine by Local Union Number 87 mentions the bridge. Local Union Number 87 was located in New Liverpool and was a union that was working on the first Pont de Québec. The letter includes the following statement.

The Dominion Bridge Company has the contract for erecting a viaduct at Cape Rogue, on the new railroad between the storage yard at Belair and the north approach to the Quebec Bridge. This viaduct must be completed before the steel can be brought to the big bridge. They are at work on the piers and have unloaded some of the steel. We expect to have trouble in getting these people to recognize the union, as we have dealt with them before.

I have updated the page for Tracel de Cap-Rouge with the full text of this letter and a link to the source document. Take a look at the complete letter. It is located at the bottom of the page. http://www.historicbridges.org/bridges/browser/?bridgebrowser=quebec/caprouge/.

I am not sure if this means Local Union Number 87 worked on Tracel de Cap-Rouge or if the letter means that they were not allowed to work on it. It is possible that old records from Local Union Number 87 might survive somewhere. They might provide more details about the union's involvement with Dominion Bridge Company and Tracel de Cap-Rouge. You might try contacting the modern version of this union, http://www.ironworkers.org. They may be able to tell you if any old records for Local Union Number 87 survive and where they would be located. I also found that they have a bunch of the old magazines archived for download. You can select any year and click search and available issues will display. http://www.ironworkers.org/news-magazine/ironworker-magazine/archives.

Nathan Holth

 
  La route vers les grottes de Cap-Rouge

Sans souffrir de vertiges, je n'ai jamais été adepte des hauteurs. C'est pourquoi je me demande encore comment j'ai pu me retrouver un beau samedi de juin 1969 à faire la traversée à pieds du Tracel de Cap-Rouge avec ''une gang'' de la paroisse St-Benoit (Ste-Foy). Il faut dire que quand tu as quatorze ans, le dernière chose que tu veux qu'il t'arrive, encore plus que de tomber en bas, c'est de passer pour un ''pissou'', surtout quand il y a des filles dans le groupe!

Nous avions décidé d'aller explorer les ''célèbres'' grottes de Cap-Rouge et à la dernière minute un ou une ''brave'' décida qu'on traverserait le Tracel pour y arriver. Que faire si un train se pointe? ''Pas de problèmes'', répondit le ''Jos Connaissant'' du groupe : ''Il suffit de s'allonger par terre et de se tenir aux poteaux du garde-fou, à droite, car le train passe très lentement sur le Tracel''. Heureusement nous n'avons pas eu besoin de valider cette théorie car aucun train n'est venu perturber notre épopée.

Au cours de cette traversée (vingt minutes qui me parurent des siècles!), j'ai eu une bonne pensée pour mon grand-père, Adélard Moreau, décédé quelques années auparavant. Ma mère m'avait souvent raconté qu'il avait travaillé sur le chantier de construction du Tracel : il en serait même tombé, impossible de savoir de quelle hauteur, et après un coma d'une dizaine de jours il aurait repris ses activités, pratiquement sans aucune séquelle physique ou mentale!

Une chose qui me frappe quand j'y pense aujourd'hui, c'est qu'à l'époque il n'y avait pas de barrière, de caméra, ou même une simple pancarte pour interdire la traversée! Il faut dire qu'en ces temps-là on ne portait pas de casque pour aller à vélo, un coup de soleil était un signe de bonne santé et fumer une preuve de virilité!

À mon grand plaisir nous sommes revenus de l'expédition en passant par la côte de Cap-Rouge. Et les fameuses grottes? Assez petites : il y en avait deux et elles se trouvaient dans le secteur de la plage St-Laurent. La plus ''grosse'' s'enfonçait quelques mètres dans le cap et au fond on y tenait à trois personnes maximum. Bref pas de quoi voler la vedette au Tracel!

Claude Giroux
 
  Tracel   
Photo : Collection SHCR
     
  Tout le monde à bord

Je me souviens bien de la grande aventure pour un enfant de huit ans de prendre le train le soir à la gare de Cap-Rouge. On arrivait par le chemin Saint-Louis et il ne fallait surtout pas arriver en retard! Le stationnement était de l’autre côté de la voie ferrée et le train, arrivant en gare, bloquait l’accès à la gare et au stationnement. Il fallait donc arriver à l’avance et on faisait les cent pas sur le quai de bois. Je me souviens bien du bruit des pas qui martelaient le quai car on montait à bord du train côté gare située entre les trois voies qui formaient un triangle. Pour briser l’attente mon père qui était employé du CN nous expliquait les dessous de sa passion, les chemins de fer. La grande horloge nous impressionnait et mon père nous précisait l’importance de l’heure pour un agent de gare et la bonne marche du réseau ferroviaire. À cette époque il y avait beaucoup de trains en circulation. Pendant la saison de chasse le train pouvait s’arrêter à tout moment… les chasseurs embarquant à la demande leurs proies et tout leur matériel de campement. Parfois par une vitre on pouvait aussi voir monter des amérindiens puis le train se lançait de nouveau.

C’était en 1963, à la gare de Cap-Rouge pour se rendre à Senneterre en Abitibi, à mon souvenir de douze à treize heures d’aventure.

Linda, l’aventurière

Gare d'en haut
Photo : Fonds Lanouette
 
     
 
Souvenirs concernant le « trestle » de Cap-Rouge

1932, j’avais 17 ans. Ma famille et moi avons passé l'été à Cap-Rouge, dans une maison située sur la rue principale, au pied du « trestle ». Tout à côté de la maison se trouvait un chemin qui conduisait au bord du fleuve et que j'empruntais souvent pour me rendre chez la famille Doré demeurant tout près. Je partageais beaucoup de temps avec un de leurs garçons, Delphis. Tout près de la maison des Doré, il y avait un bout de plage où nous allions nous baigner.

Nous étions aussi très intéressés à surveiller le passage des trains tout en haut, sur le « trestle ». Un jour, la fantaisie nous poussa, Delphis et moi, à escalader une falaise tout près et à nous aventurer sur le « trestle ». Nous l’avons traversé en marchant sur une étroite allée de service, du côté nord de la voie ferrée, tout en espérant qu'il ne passe pas de train pendant notre traversée.

Durant ce même été, alors qu'un train venant de Québec avait franchi le « trestle » sur presque toute sa longueur, un des cylindres de pistons de la locomotive sauta ; le couvercle avant, pièce assez grande et très lourde, tomba dans le vide et s'enfonça partiellement dans le sol. Encore heureux qu’il n’y ait eu personne de blessé suite à cet incident. Le lendemain, au cours d'une promenade au pied du « trestle », mon copain et moi avons trouvé la pièce qui était tombée. Nous l’avons récupérée, et avec l'aide de papa et d'un oncle, nous l'avons roulée jusque dans notre cour arrière. Mon père a contacté aussitôt le C.N.R., et des ouvriers sont venus récupérer la pièce vedette.

Voilà ce qu'en ma verte mémoire, malgré mon âge avancé, j'ai conservé au sujet du « trestle » de Cap-Rouge. Chaque fois qu'il m'a été donné de retourner au cours des ans dans cet endroit charmant, à Québec, j'ai revécu avec plaisir les souvenirs que je viens de raconter.

René Bureau

Panorama Cap-Rouge
Photo : Centre d'archives de Québec